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Origines et évolutions

Le saviez-vous ?

Le terme capite désigne une petite construction isolée et utilitaire. Dans le patois vaudois, on retrouve de nombreuses variantes telles que cabolle, cabolette, cadolle ou cabuse, qui évoquent des cabanes modestes, parfois éphémères, avec une connotation dévalorisante.

Historique des capites à Lavaux, Denyse Raymond (2026)

Historiquement, les capites ont surtout rempli une fonction pratique dans le vignoble. Leur caractère souvent rudimentaire explique qu'elles soient peu documentées dans les archives. Les rares exemples cadastrés, appelés cabinets de vigne, témoignent toutefois d’une architecture plus élaborée au sein des grands domaines.

À l’écart des villages, les capites ordinaires se multiplient au fil des parcelles viticoles. Généralement constituées d’un seul local, elles servent d’abri aux vigneronnes et vignerons pour leurs repas et de dépôt pour du petit matériel, à une époque où le travail de la vigne est essentiellement manuel : fossoir, raclet, boille à traiter, etc. Certaines disposent également d’un bassin destiné à récupérer l’eau de pluie utilisée pour les traitements de la vigne.

Leur architecture, avant tout fonctionnelle, varie selon les ressources disponibles. Souvent adossées aux murs de vigne, elles sont construites en pierres, en briques ou en bois, parfois à partir de matériaux de récupération. Leur toiture, à un ou deux pans, est généralement couverte de tôle ou de vieilles tuiles. 

Dès la seconde moitié du XXe siècle, les capites connaissent un déclin important. La création de chemins vicinaux (travaux d’amélioration foncière) facilitent l'accès aux parcelles de vigne, tandis que la mécanisation du travail viticole, notamment grâce aux tracassets et autres véhicules motorisés, réduit leur utilité. Faute d’entretien, beaucoup se dégradent ou disparaissent. Certaines sont toutefois réaffectées en lieux de convivialité, tels les carnotsets, où l’on se retrouve pour partager un verre.

Longtemps peu prises en compte dans les recensements architecturaux, les capites constituent pourtant des témoins précieux des pratiques viticoles et de l’organisation historique du vignoble. 

Entre préservation et nouveaux usages

© LPm – Vincent Bailly

Aujourd’hui, les capites ponctuent encore le paysage viticole de Lavaux. Si leur fonction agricole a évolué, elles offrent des possibilités de réaffectation, notamment pour la promotion des vins et l’œnotourisme. Dans un contexte économique difficile pour la vitiviniculture, ces usages peuvent contribuer à diversifier les activités et les revenus des vigneronnes et vignerons.

Œnotourisme et promotion du vin

À Lavaux, les capites peuvent contribuer à la promotion des vins de Lavaux et à la découverte du travail viticole. Elles offrent des lieux de dégustation et de rencontre au cœur du vignoble, permettant de mieux comprendre les particularités et les exigences de la culture de la vigne en terrasses.

  • Pour des dégustations gratuites, avec uniquement de la vente à l’emporter, le viticulteur n’a besoin d’aucune autorisation.
  • Pour des dégustations payantes moins que 5x par année, le viticulteur doit obtenir une licence « CCA Caveau Capites». Cela implique de suivre une formation de 5 jours, dispensée par GastroVaud, pour le montant de CHF 1'000.-, puis demander la licence auprès de la Police du Commerce, pour un montant de CHF 500.-. De plus, il est nécessaire d’obtenir une autorisation communale de manifestation et un permis temporaire pour la vente et le service d’alcool.
  • Pour des dégustations payantes plus que 5x par année, le viticulteur doit avoir la licence « CCA Caveau Capites » et demander un changement d’affectation de la capite en passant par une mise à l’enquête publique.

L’œnotourisme désigne l’ensemble des activités d’accueil touristique et de promotion des produits viticoles et vinicoles dans leur région de production.

Le canton de Vaud a développé un guide des bonnes pratiques relatives à l’œnotourisme.

Télécharger le guide

Cadre réglementaire

Situées pour la plupart en zone viticole, hors zone à bâtir, les capites sont soumises à un cadre légal spécifique. Leur transformation et l’évolution de leurs usages doivent ainsi respecter les règles fédérales et cantonales en vigueur.

1.

Pour les questions de « droits des constructions », soit un changement d’affectation en lieu de dégustation ou une transformation, le canton est l’entité compétente et applique la loi fédérale sur l’Aménagement du territoire (LAT) art 16.

3.

Le Plan d’affectation Lavaux (PAC Lavaux), art 20 al 6.
Dans le PAC Lavaux, les capites, destinées à l’entreposage de matériel viticole, sont les seules nouvelles constructions pouvant être érigées sans lien avec des bâtiments existants, selon des règles précises : surface au sol d’au maximum 9 m2, un seul niveau d’au maximum 3.5 m de hauteur, toitures à un pan dans le sens de la pente ou à deux pans, couvertes de tuiles plates typiques de la région et couleur des façades bien intégrée dans le paysage.

4.

Pour les questions de licences, permis temporaires de vente de boissons, la Police du Commerce est compétente.

5.

Pour les autorisations de manifestations temporaires, parcage, nuisances sonores, les communes sont compétentes.

Projet d'inventaire

En réponse à une mesure du Plan de gestion du site « Lavaux, vignoble en terrasses » (TP1.2c), un projet d'inventaire des capites est en cours, mené conjointement par Lavaux Patrimoine mondial et la Direction générale des immeubles et du patrimoine (DGIP) de l’État de Vaud. 

Cet inventaire permettra de mieux documenter ces constructions et de définir des mesures de protection adaptées à leur valeur patrimoniale, afin de favoriser leur préservation à long terme.

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Regards sur les capites

  1. Documenter les capites en images

    Archéologue et muséologue, Pascale Bonnard Yersin partage le fruit de plusieurs années de documentation photographique consacrée aux capites de Lavaux.

    pascale-bonnardyersin.ch

  2. Imaginer de nouvelles façons de valorisation

    Dans le cadre de son Bachelor en Design industriel à l’ECAL, la designeuse Jeanne Reymond a développé un concept d’intégration paysagère et de mise en valeur des capites.

    hochparterre.ch

Les médias en parlent

Une sélection d’articles et de reportages consacrés aux capites, à leur avenir et aux enjeux liés à leurs usages :

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